La valse du cœur.

alors-causons-treize-mois

Il y a sept mois que je n’ai pas publié un article sur ce blog. Sept mois, c’est aussi l’âge qu’avait Nino la dernière fois que j’ai couché ici les divagations de mon esprit… Tant de choses ont changé en sept mois, tant de petits changements se sont produits, et tant de grosses modifications ont eu lieu …

La première chose à dire, celle dont je me suis le plus rendu compte, c’est à quel point les choses s’accélèrent. Tout va vite, plus vite, de plus en plus vite. J’ai beau ouvrir mes yeux au maximum, respirer à plein poumons son odeur de bébé, essayer de graver dans mon esprit chaque détail de chaque instant, j’ai cette impression horrible de passer à côté de tellement de choses. Cette impression de courir d’un bout à l’autre de ma journée, d’essayer de trouver un équilibre aussi illusoire que précaire, sur le bout d’un orteil, une jambe en l’air, un bras derrière le dos et les yeux bandés. Voyez comme c’est commode.

Nino grandit de jour en jour. C’est incroyablement bateau d’écrire des choses comme ça, j’en ai presque honte, et pourtant. Cela fait sourire les gens, lorsque c’est la seule réponse que j’ai à leur fournir à la question « Alors, comment ça se passe avec le petit ? ». Bien, tellement bien. Et vite, tellement vite. Chaque jour apporte son lot de nouveautés. Un jour il se met à empiler les cubes, après avoir passé des mois à détruire les piles. Et d’un coup POUF, les connexions nécessaires à la construction se sont effectuées dans son cerveau si malléable, après avoir intégré la dé-construction. Le lendemain, il en empile trois les uns sur les autres, de façon maladroite évidemment, mais l’intention est là.

Désormais, il fait des câlins, et même des bisous. Il a ses têtes, ses rituels, mais il comprend qu’il fait plaisir en accordant un bisou sur la joue, ou en posant sa petite tête contre une épaule d’adulte. Il est généreux, fier de faire plaisir, volontaire et fort. Il faut voir avec quelle poigne il s’accroche à nous ! Avec quel élan il se jette contre mon sein lorsque je l’attrape dans mes bras. Avec quelle insistance il presse ses lèvres contre ma joue pour m’embrasser le matin, comme s’il avait peur que je ne saisisse pas complètement son intention. Oh mais je saisis tout cela, ses envies, ses évolutions, ses frustrations que les choses n’aillent pas assez vite, ou au contraire les moments où aller plus vite ne l’intéresse pas…

J’essaye en tout cas, de ne rien rater, de tout mémoriser. Clic clac je ferme les yeux, je grave tout ça dans mon cerveau de Maman. Et seule la nuit, lorsque j’ai du mal à me rendormir après avoir été réveillée par un besoin de câlin, un doudou perdu, ou une petite faim inattendue, lorsque la fatigue prend presque le pas sur ma patience et mon enthousiasme, je ferme les yeux et je revis ces instants où j’ai littéralement l’impression que mon cœur s’envole de bonheur. Où je le sens battre à vive allure dans ma poitrine. Où je réalise l’étendue de l’amour que je porte à ce petit être. Boum, boum, boum, la valse de mon cœur…

D’un point de vue plus pragmatique, j’apprends tous les jours. Je m’adapte à ses besoins d’enfant qui grandit, j’essaye de lui proposer des activités qui vont le stimuler tout en maintenant un cadre où il a ses repères et se sent en sécurité. Je passe beaucoup de temps à jouer au sol, avec lui. A lui lire des histoires. A lui montrer comment empiler des cubes ou poser des pièces de puzzle. Il passe aussi du temps à jouer seul, il raconte des histoires à ses doudous, invente des situations avec ses jouets. C’est un petit bavard qui peut passer un temps infini seul avec ses affaires, s’il est en confiance et sait que nous ne sommes pas loin… C’est un petit garçon sociable, et capable de s’occuper seul. Avec son papa, nous essayons d’entretenir ces deux aspects de sa personnalité.

Je voudrais terminer ce billet de blog sans queue ni tête en écrivant quelques mots sur sa bouille de petit garçon, que je vois poindre sous ses traits de bébé. Ses yeux rieurs, qui brillent de plaisir ou d’une lueur malicieuse lorsqu’il a compris quelque chose. son petit nez, sa bouche en cœur qui laisse passer de plus en plus de sons reconnaissables, et parfois un mot complet comme « papa », « maman », « doudou », ou « non non » qu’il maitrise déjà très bien, et puis les mots en cours de formation, dont mon préféré « en-co' » pour « encore », qu’il prononce avec une excitation si communicative … Ses petits cheveux si doux poussent à toute allure, j’ai déjà coupé une petite boucle dans sa nuque et derrière ses oreilles. Je l’ai fait avec à la fois beaucoup de bonheur (comme il grandit !) et une petite pointe de tristesse (comme il grandit …), c’est paradoxal n’est-ce pas ?

La maternité me permet de voir le temps avancer d’une façon très différente, qui n’est plus auto-centrée. Le temps passe, puisque mon bébé grandit, mais personnellement j’ai complètement arrêté de me voir grandir / vieillir. D’ailleurs, quand on me demande mon âge il faut que je réfléchisse sérieusement avant de répondre, et il m’arrive encore fréquemment de me tromper d’un an … Ce n’est pas de la fausse pudeur, puisque j’assume complètement mes 30 ans qui arrivent à grands pas, mais plutôt une mise de côté de cet aspect de ma vie. J’ai l’âge que j’ai, et pour le moment, cet âge ne me donne pas l’impression d’avoir un impact sur ma vie quotidienne. Peut être est-ce une illusion justement due à mon âge, je ne saurais dire, mais la maternité m’a apaisée quant au regard des autres et aux « objectifs » qu’il « faut » avoir « accompli » à tel ou tel âge …

 

 

La valse du cœur.

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